"Les maths et le français, ça me saoule"

Peut-être avez-vous déjà dit ça, peut- être ne l’avez-vous pas dit (mais pensé). Nous savons, dans tous les cas, que certains d’entre vous tiennent ce discours. Pas facile à en entendre quand on est chef d’établissement, encore moins quand on est prof de maths ou de français.

La majorité  d’entre  vous a choisi  d’apprendre  un  métier par apprentissage, parce que vous aviez envie de faire, de toucher, d’être dans l’action, de produire et de vous éloigner de l’école comme on se la représente (le collège, le lycée). Le diplôme que vous préparez a des épreuves obligatoires en maths, en français, mais aussi en sciences, en histoire géo. Je sais que ça n’est pas une raison suffisante pour vous y intéresser.

Alors comment faire pour que ces matières générales arrêtent de vous
« saouler » ?


Pour répondre à cette question, il faut peut-être déjà savoir pourquoi ça vous saoule. Il peut y avoir plusieurs raisons ?

1. Vous avez décroché dans la matière dès le primaire. Vous ne compreniez pas grand-chose et avec le temps vous avez accumulé un retard, raté des étapes importantes, qui fait que vous n’y arriviez plus du tout. Pour vous, c’est un peu comme suivre des cours de chinois de niveau intermédiaire alors que vous n’avez jamais entendu un mot de la langue. Le plus facile, dans ce cas est de dire que ça vous saoule. En fait, la vérité est que vous n’y arrivez pas et l’échec répété ça saoule et ça dévalorise.

2. Vous avez décidé que vous n’aimez pas les maths, ou l’histoire géo. « Donc comme je n’aime pas, je ne fais pas ». Il y a aussi là un petit côté consommateur. Je ne prends que ce que j’aime… Mais la formation ça ne se consomme pas. Parfois, ou même souvent, la raison est de nouveau liée au fait que vous n’y arrivez pas. On aime toujours mieux ce qu’on sait faire…

3. « Dans la famille, on a toujours été nul en maths (ou à l’école) ». Il n’y a pourtant pas d’hérédité dans ce domaine, mais si personne ne peut vous soutenir et vous aider, c’est effectivement plus dur.

4. Puis, il y a les aprioris : les maths c’est dur. En fait, ça ne veut pas dire grand-chose. C’est comme dire que comprendre un jeu vidéo c’est dur. Cela va largement dépendre du niveau d’intérêt et du temps passé à « pratiquer ».

5. Il y a ceux qui sont convaincus (ou qui essayent de se convaincre) que les maths ça ne sert à rien dans la vie, sauf à faire prof de maths.

6. Je n’oublie pas tout de même la petite minorité qui a de vraies difficultés d’apprentissage. Dans ce cas-là, si vous en parlez à vos profs (même discrètement), nous pouvons vous aider à surmonter certaines difficultés et vous « en sortir ».

La liste pourrait être plus longue, mais à partir de celle-ci on peut déjà tenter d’explorer des pistes.

Pour commencer, il faut probablement admettre que vous êtes en difficulté pour apprendre ces matières-là, sans pour autant dire : « Je n’y arriverai jamais, ou je suis mauvais ou je n’y comprends rien ou ça me saoule ». Mais juste attester que vous avez du retard et des difficultés. Ça n’est ni un drame ni une tare. Là, on peut progresser, sans trop se prendre la tête (comme vous dites).

Progresser, c’est déjà une source de satisfaction personnelle et la réussite (même petite) entraîne la réussite. Cela demandera des efforts, mais pour atteindre un certain niveau, tout demande un effort et de l’entrainement, du foot à la coiffure, de la soudure à la comptabilité. Il ne faut pas non plus vous dire qu’à 16, 17, 18 ou 20 ans, je n’y arriverai jamais. Quand vous dites ça, vous vous empêchez de progresser et vous avez totalement tort. On peut découvrir les maths à 50 ans ! On ne vous demande pas d’aimer les maths ou le français. Les maths ou le français sont des outils, comme un tournevis, un rasoir ou une spatule. Il faut juste en comprendre son utilité et apprendre à s’en servir.

Justement, sur l’utilité (le fameux ça ne sert à rien). Pour le français, il est évident que vous avez de bonnes chances d’utiliser la langue toute votre vie, à l’oral comme à l’écrit, dans votre vie professionnelle comme dans la vie personnelle. Pour les maths, le sujet peut paraître plus délicat. Pourtant, les maths sont présentes partout au quotidien. On pourrait même parler de langage universel (les mêmes maths dans le monde entier). Essayez d’imaginer devoir vendre un produit, faire de la pâtisserie, de la charpente, de la cuisine, de la mécanique sans aucune base de maths ou de sciences. Cela est juste impossible. Même prendre le train ou faire ses courses nécessitent des compétences en maths ou au moins en calcul.

Une fois la base acquise, une fois que les règles du jeu sont appréhendées, on peut aller plus loin pour mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons. Le français ou l’histoire-géo ont la même raison d’être. Mieux comprendre le monde et donc prendre de meilleures décisions, mieux construire sa vie, mieux acheter, peut-être aussi mieux réussir professionnellement.

Mon but n’était pas de vous convaincre de montrer plus d’intérêt pour ces matières (encore que), mais un moins d’en parler. N’hésitez pas à aborder ces sujets avec vos enseignants, tous vos enseignants. Ils sauront vous écouter et vous aider.

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Bonne rentrée à tous !

Thomas VIRON
Directeur

 

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